– T É M O I G N A G E S –

 




Témoignage de Milo sur l’atelier animé au Centre Emmaüs de Paris X
– Octobre 2018 –

 

« Nous avons animé quelques séances d’atelier au Centre Emmaüs de Louvel-Tessier (Paris 10) avec Achille et la Grande Sophie. Les participant.es étaient en partie des résident.es du Centre, aussi des femmes que Sophie a connu à la Halte des Femmes où elle intervient régulièrement, et des jeunes réfugiés que j’ai rencontrés par le biais de mon projet Flow Itinérant (écriture et composition de morceaux de hip-hop avec des mineurs isolés étrangers). Nous avons fait rimer nos prénoms avec nos inspirations, répondu par la poésie à ces questions pas si simples : « d’où je viens? » , « où je suis? », « où je vais? » …

Nous avons tapé un rythme pour mettre en voix nos écrits, pour échanger nos mots et nos flows. Les personnes présentes venaient d’horizons différents, ce mélange des âges, des situations et des personnalités a donné lieu à de chaleureux moments d’échange et de poésie. Nous avons tour à tour ri, ressenti, et frémi… ensemble.

J’ai aussi donné un concert dans ce centre, étaient présent.es des résident.es mais aussi des spectateur.rices venu.es de l’extérieur. La soirée a été propice à échanger, se rencontrer et même se raconter pour les plus extraverti.es! Ce fut un moment lumineux et joyeux. Je suis toujours émerveillée par la capacité qu’a la musique de transformer l’énergie d’un lieu, d’un moment et d’amener à se rencontrer des personnes très différentes les unes des autres. »

 

 


 

Témoignage de la Grande Sophie sur son atelier animé à la Halte des femmes (association Aurore)
– Septembre 2018 –

« La Halte est un lieu d’accueil de jour où de nombreuses femmes en difficulté viennent se reposer, prendre un petit dej, faire une lessive, consulter un médecin selon les jours ,voir une psy, être orientées pour éviter de dormir dans la rue etc… Je m’y rends le jeudi matin avec ma guitare et un micro amplifié (tous les 15 jours) pour mon atelier intitulé « écriture en chanson ». Il n’y a pas de pièce prévue pour les ateliers, ils libèrent un tout petit bureau.

C’est une aventure bien différente des ateliers dans les foyers Emmaüs auxquels j’avais participé car les situations de ces dames sont plus instables. Je m’adapte à leur temps de libre entre leurs rendez-vous, je m’adapte aussi à leur concentration qui comme vous le comprenez est prise par de lourds tracas. Comme c’est un lieu de passage, je vais donc à leur rencontre pour leur proposer de participer. Je n’ai jamais les mêmes personnes ou rarement, 4 ou 5 en général. J’essaie de créer un moment de détente où elles prennent la parole, rechargent un peu leurs batteries, une sorte de bouffée d’oxygène.

Je prépare en amont mon intervention en préparant des thèmes et des refrains pour avoir un cadre car il n’y a pas de place au flottement. Je remarque que ce qui leur plaît c’est le résultat: avoir en peu de temps l’existence d’une chanson où elles sont actives. Elles écrivent les couplets qu’elles parlent sur la musique et nous chantons à l’unisson les refrains. Certaines ne savent pas écrire, le but est de valoriser tout le monde, j’aide celles qui ne peuvent pas écrire à retenir 1 ou 2 phrases afin qu’elles participent.

J’aime beaucoup ces échanges et surtout les voir sortir avec le sourire alors qu’au départ elles me regardaient avec de grands yeux interrogatifs. »